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TEMOIGNAGES PUBLICS

Premier témoignage public

Pour la première de fois de ma vie, j'ai osé témoigner publiquement dans le groupe de parole de l'association "la voix des adoptés" devant une vingtaine de personnes. On m'a encore traitée de courageuse.

Je dois avouer que ma gorge était nouée, mais je suis fière de l'avoir fait. J'ai résumé l'histoire de ma vie d'enfant adoptée.

Pourquoi me direz-vous ?

J'ai voulu témoigner dans ce groupe de parole devant des enfants adoptés et des parents adoptifs pour lever le tabou sur l'adoption ratée.

J'ai aussi voulu témoigner au nom des autres adultes adoptés qui n'osent pas parler. Je sais depuis que je suis sortie du silence que je ne suis malheureusement pas la seule à avoir subi des maltraitances au sein de la famille adoptive.

La parole de l'enfant adopté est trop discréditée au profit de la parole des parents adoptifs.

Que ce soit les enfants adoptifs ou des parents adoptifs, ils ne savaient pas comment réagir face à une telle histoire. J'ai fait pleurer dans les chaumières certes, mais ce n'était pas mon but. Parmi les participants, il y avait une femme en pleine procédure d'adoption. Mon but était de faire réfléchir sur l'adoption.

Second témoignage public

Le 4 octobre 2008, je témoignerai publiquement à visage découvert au

congrès de l'association AIVI.

Pourquoi me direz-vous ?

Si je parviens à parler de mon histoire publiquement, cela signifiera qu'elle sera déjà derrière moi et que j'aurai fait un grand écart pour m'en sortir.

Oui, j'ai osé faire ce grand écart. Il y a encore un an, j'aurais été incapable de le faire.

Je l'ai fait, je l'ai fait et suis fière de l'avoir fait. Je pourrais recommencer.... Je n'ai rien à craindre, mon abuseur est décédé. Il faut remplir certaines conditions pour pouvoir témoigner. Certains bénévoles de l'association auraient bien voulu témoigner, mais ne le pouvaient pas malheureusement à cause de leur agresseur qui aurait pu intenter un procès en diffamation à leur encontre. N'est-ce pas révoltant de faire le constat inepte qu'il nous est impossible de témoigner à cause de son agresseur vivant ? Je l'ai également fait pour toutes ces victimes qui ne peuvent pas tégmoigner.

Nous étions deux témoins pour la psychotraumatologie adulte. Comme tous les intervenants, j'ai lu mon témoignage devant un public éminent de 300 personnes composé de psychiatres, psychologues, médecins généralistes, médecins spécialistes, d'associations françaises et étrangères et de victimes. Il paraît même que la moitié de la salle était composée de victimes d'inceste. J'ai suivi les instructions de la responsable des témoins. Je ne devais surtout pas citer de nom d'association. J'ai témoigné pour la ligue française de santé mentale. Mon co-témoin a cité le nom de l'association, une des seules associations qui propose des consultations en victimologie. Encore mieux, il a la même thérapeute que moi, n'est ce pas un pur hasard ?

J'ai été applaudie comme je n'ai jamais été applaudie de ma vie.

J'ai certainement suscité du misérabilisme, de la pitié et de la compassion. C'est vraisemblablement pour cette raison que le public n'a pas osé poser de questions. En même temps, nous étions deux témoins, peut-être avons-nous fait peur au public ?

Après mon intervention, je me suis assise à ma place et le psychotraumatologue s'est assis à côté de moi. J'étais étonnée qu'il me demande de quelle association il s'agissait. J'étais déçue pour lui qu'il ne la connaisse pas. Je pensais que les psychiatres connaissaient au moins les noms des associations. J'ai donc constaté à mon grand regret que les associations et les psychiatres ne collaborent pas ensemble.

Pendant la pause, j'ai aperçu ma psychiatre qui était venue assister au congrès. Elle a dit que j'étais très bien et que je m'en sortais pas trop mal pour une personne qui avait subi autant de traumatismes. Je lui ai répondu que je voulais m'en sortir bien, et pas seulement pas trop mal.

A la fin du congrès, des personnes du public m'ont remerciée pour mon témoignage poignant. Un couple polonais qui venait de créer une association de victimes en Pologne est venu vers moi spontanément pour me remercier également. L'inceste est également un sujet tabou en Pologne. J'ai d'abord discuté en anglais avec le mari et ensuite avec la femme qui parlait couramment le français. La mari a même tenu à me serrer la main. Tous deux semblaient émus par mon témoignage.

Lors du cocktail offert à tous les participants, alors que je discutais avec mon co-témoin, une psychologue nous a abordés pour nous remercier de l'avoir éclairée sur ce sujet dont elle ne connaissait rien.

à suivre...


 



Article ajouté le 2008-04-30 , consulté 343 fois

Commentaires


sophie le 05/09/2009 à 01:55:12
bjr,
cela fais très longtemps que je ne t'ai pas contactez (je m'apelle sophie et j'habite à amiens)car j'ai eu un soucis avec mon pc et donc voilà plus de mail de personnes et le dernier mail que tu m'avais envoyé avec ton numéro de téléphone je ne l'ai plus et je n'ai pas eu le temps de noté ton téléphone, il y a que aujourd'hui que j'ai pu retrouver ton blog.
j'espère que tu vas bien, gros bisous
a bientot

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