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Confrontation avec ma soeurEmail envoyé à ma soeur le 26 septembre 2007
Coucou E.,
J'ai reçu comme toi la carte de J.. Il me dit qu'il aimerait me voir en tant que "frère", que je ne dois pas me sentir "coupable" pour ce qui s'est passé, que je suis sa petite soeur et qu'il veut me protéger et qu'il sera toujours là pour moi. Foutaise !!!! Il espère avoir de mes nouvelles et surtout il me demande d'envoyer un peu de mes nouvelles aux parents, ils seront heureux. A la fin, il me communique son numéro de portable.
Je me demande si les parents ne nous l'envoient pas en éclaireur comme ils l'ont fait tant de fois. Je ne suis plus dupe.
J'ai été effarée d'apprendre qu'il t'avait également touchée. Il y a trop de non-dits dans cette famille.
A l'époque, tu avais dit que tu avais également subi des attouchements du grand-père, mais je n'ai jamais su comment il avait commencé avec toi, comment il s'y était pris. J'aimerais bien en discuter avec toi, mais peut-être ne veux-tu pas t'en souvenir ? Je me souviens d'une phrase de toi "il m'a proposé et j'ai su dire non". D'après maman, toi, tu avais su dire non et avais déjà 15 ans et moi seulement 11 ans, je n'avais pas su dire non. Comment se fait-il que tu n'en ai jamais parlé ? Avais-tu honte comme moi ? Ne le pouvais-tu peut-être pas non plus ? Je me demandais que si tu l'avais dit, il n'aurait pas fait une nouvelle tentative avec moi.
J. m'a pelotée une fois dans la tente pendant les vacances. Il s'est couché sur moi, a essayé de m'embrasser et m'a peloté les seins. J'avais 15 ans et lui 18.
C'était donc peu de temps après la dénonciation du grand-père. Dans cette famille, on m'a prise toujours pour un objet sexuel, d'autant qu'ils nous traitaient de pute ou de prostituée. Au début, je n'en voulais pas à J., j'ai mis cela sur le compte de l'adolescence tardive, mais avec du recul, je lui en veux quand même. Il aurait pu s'entraîner sur les filles de son âge plutôt que sur sa soeur.
Toi, tu as l'air de minimiser, tant mieux pour toi. Dans mon cas, il y a eu trop de choses et l'inceste correspond à l'apogée de mes malheurs. S'il n'y avait eu que la violence conjugale ou s'il m'avaient laissé continuer mes études, j'aurais peut-être pardonné.
Je reviens sur les attouchements. A mon groupe de parole, certaines n'ont subi qu'un attouchement une fois (par exemple, le père qui se masturbait devant sa fille ou lui faisait toucher son sexe) et il suffit d'une fois pour qu'un enfant soit traumatisé à vie. Les souffrances sont les mêmes pour toutes les victimes. Tout ce que j'ai subi est un crime aux yeux de la loi. Les parents disposaient d'un délai de 3 ans après les faits pour dénoncer le grand-père. Un citoyen qui ne dénonce pas un crime devient complice de ce crime. Tu ne peux pas imaginer les conséquences sociales, post-traumatiques, psychologiques d'une victime d'inceste.
Si je parle aujourd'hui, c'est aussi pour faire de la prévention par rapport à Y et Y. Je ne souhaite à personne ce qui m'est arrivé, même pas à mon pire ennemi.
CI-DESSOUS Les conséquences principales et le lien internet qui les explique très bien.
Les conséquences peuvent être nombreuses mais les principales sont les suivantes, sans que cette liste soit tout à fait exhaustive :
Dans certains cas, en particulier lorsque la victime a été agressée jeune, elle peut souffrir d'amnésie traumatique : il s'agit d'une des conséquences psychiques possibles, parmi les autres. Cet oubli est une forme de refoulement qui permet en quelque sorte à la victime de survivre à l'insupportable : cependant, les conséquences des agressions restent entières et identiques (voir liste ci-dessus) à cette différence de taille que la victime ne les comprend pas tant que le souvenir n'est pas venu les éclairer rétroactivement. Tôt ou tard, les souvenirs et les images remontent, plus ou moins fragmentés et complets. Cette opération psychique se réalise systématiquement à la faveur d'un ou plusieurs événements : événement en lien avec la maternité (grossesse, accouchement, par exemple), événement familial (réunion familiale, mariage, divorce, naissance), rencontre amoureuse, relation sexuelle, film ou émission télévisée, ... ou un événement apparemment sans aucun lien avec l'agression sexuelle. Une psychothérapie ou une analyse favorise la résurgence des souvenirs. Tout ça pour dire que j'en ai marre qu'on minimise. Il y a des jours que j'ai envie de me suicider, mais heureusement ou malheureusement pour moi, je n'ai que des idées suicidaires et voudrais que ma mère biologique vienne me chercher. Il m'arrive de rentrer et dire à S. que j'ai envie de mourir. Je n'ai ce courage de passer à l'acte, peut-être parce que toi aussi, tu as voulu mourir et que tu t'es ratée. Donc, tu devrais comprendre mes souffrances. Désolée, je dois te reparler de ta tentative de suicide (TS) à 18 ans. Il me semble que tu l'as fait après la dénonciation et comme hasard, la veille au soir, maman t'avait traitée de "pute". Je voudrais connaître les véritables raisons de ta TS. Si tu ne veux pas en parler, je te comprendrai bien entendu. Ils n'ont rien fait non plus pour toi. Ce n'est pas NORMAL !!! On ne peut pas laisser une personne se débrouiller seule après une TS et étouffer l'affaire comme une sale bavure, comme ils l'ont fait avec moi. La plupart des victimes que je fréquente au groupe de parole sont sous anti-dépresseurs et ont toutes fait au moins une TS. La plupart ont des addictions (alcool, drogue, sexe, etc...). Certaines ne parviennent même pas à travailler tellement les souffrances sont insoutenables. Il paraît que moi, j'ai des ressources psychologiques et un caractère très fort, puisque je ne suis ni sous anti-dépresseurs ou ne connais aucune addiction. En cela, je suis une résiliente et une survivante de l'inceste. Je me sens même extraterrestre parmi les victimes, car je n'ai jamais sombré. H., par exemple, était anorexique, a pris des drogues. Parfois, je n'en peux plus d'être raisonnable. Voilà, je sais, cet email va te paraître glauque, mais il fallait que ça sorte. Bisous et bonne nuit. PS : je fais faire appel de la plainte qui a fait l'objet d'un classement sans suite. Pensez-vous que ma soeur m'ait répondu ? Eh bien non, malheureusement pour moi ! Le seul soutien familial m'a lâché. Elle m'a fait comprendre qu'elle souhaitait m'aider, mais qu'elle ne voulait pas parler de son histoire. Pour elle, le passé est passé et elle souhaite avancer avec ses enfants. Moi aussi, j'ai toujours voulu avancer même dans ma descente aux enfers. Je comprends et ne comprends pas ! En même temps, elle souhaite m'aider, mais que fait-elle m'aider ? Strictement rien ! Je respecte bien entendu son silence. J'ai compris que je l'importunais avec ma quête de vérité humaine et que je ne devais pas compter sur elle ni pour les souvenirs de Corée, ni pour les souvenirs de France. Je me suis sentie extrêmement seule à ce moment-là et triste. J'ai naïvement pensé qu'en sortant du silence, elle en ferait de même. Je me suis largement trompée et suis particulièrement peinée de constater que je dois faire le deuil de la famille. Nous continuons à nous voir, mais nos relations restent succinctes et nos échanges se limitent à de simples banalités. Et pourtant, notre histoire est tellement commune... ALORS J'AVANCE SEULE ! Article ajouté le 2008-01-05 , consulté 91 fois Commentairesludovine24 site : ludovine24@skyrock.com | le 04/03/2008 à 12:37:02j'aime beaucoup ton blog (ton univers) je ressen beaucoup de choses comme toi depuis le viol de mon pére . c'est tous as fait vrai ,nous n'arrivons pas as tenir dans un emploistel qu'il soit,ou bien dans nos relation de couple sont assez difficile (au niveaux du sexe surtout) enfin voila je t'embrasse ma Meelou grosse bise a toi. LiensVoir les articles de la catégorie " Mes combats "Retour aux articles |
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