Malchance ou destinée pourrie ?
Hier soir, j'ai eu comme chaque semaine une longue discussion avec mon amie également victime.
Nous parlions de la malchance et nos opinions divergeaient.
Mon amie ne voit pas nos malheurs souvent multiples comme de la malchance, mais comme une série d'enchaînements ou d'évènements qui font que c'est arrivé à nous. Nous étions des enfants face à des adultes qui auraient dû réagir.
Lorsque je fais l'addition de tous mes malheurs, je trouve cela fait beaucoup de malheurs pour une seule personne et me dis que c'est peut-être mon destin contre lequel je lutte quotidiennement.
Je sais bien que vous allez me rétorquer que chacun a son lot de malheurs dans une année. Dans mon cas, je n'ai jamais connu d'année rose à tous points de vue, c'est toujours mi-figue, mi-raisin.
Etat d'âme du 25 octobre 2007
Quant à cet adage "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", je crois que c'est un psy qui a écrit ça, non, je le trouve réducteur. Que faites-vous de la mort psychique, de la mort dans l'âme ? Lorsque je vais mal, je me considère comme une morte vivante, comme une sorte de légume avec un corps en léthargie.
Bien entendu, nous avons choisi la vie, alors il faut vivre, mais vous êtes bien d'accord que notre passé est ancré en nous. Alors pour mieux vivre, il faut essayer de faire table rase de toutes les personnes toxiques de notre famille. Pensez-vous que c'est facile de faire le deuil de toute une famille et de se reconstruire seule ? Je tente d'être ACTRICE DE VIE, mais qu'on ne vienne pas m'affirmer que si on avait été dans une famille normale, notre vie n'aurait pas été meilleure pour autant. Je parle pour moi. Moi si, d'autant que je suis une enfant adoptée. Vous ne m'enlèverez pas de l'idée que si j'étais tombée dans une famille aimante et respectueuse, je ne serais pas ce que je suis actuellement. J'aurais été une femme plus épanouie qui a confiance en elle. Je pense que j'aurais été une femme encore plus volontaire qui aiderait déjà les autres. Or aujourd'hui, même si je sais qu'un jour, je me consacrerai à l'aide d'autrui, je ne suis pas prête à le faire, car psychologiquement, je ne suis pas encore guérie de mes maux et Dieu que j'en ai beaucoup.
La majorité des gens n'ont pas subi de viol et ont reçu une éducation normale. Chacun a son lot de malheurs, mais nous, on a notre lot de malheurs du commun des mortels, outre les traumatismes. C'est pour cette raison que nous pensons que le sort s'acharne sur nous. Pour moi, le pire m'est déjà arrivé, que peut-il m'arriver de pire, peut-être une grande maladie ? alors je philosophe sur les petits malheurs.
Mon éducation a été imbibée en moi et elle nous a laissé des séquelles plus ou moins graves. Je me tue à lutter contre ces séquelles, mais les traces sont encore visibles. L'important, c'est de s'en sortir comme on peut avec nos moyens.
Je constate aussi entre autres dans mes lectures que beaucoup de victimes sont masochistes, sont tombées sur des hommes qui les battaient. Notre éducation engendre le fait qu'on répète involontairement des scénarios de vie plus ou moins graves, comme la violence. Moi heureusement que je ne suis pas tombée sur un homme qui me battait. C'est plutôt que mon ami et moi nous battions. Au début de notre relation, je piquais des crises de colère pour des péccadilles et poussait mon ami à bout pour qu'il me donne une claque et moi, je lui en retournai deux et lui balançais des affaires à la figure. De toute façon, je ne supporte pas qu'on me frappe, je suis capable d'hurler à la mort et j'ai en plus une voix aigüe stridente. J'ai répété le scénario de mes parents, sauf que c'était moi qui voulait gagner contre l'homme. Je voulais inconsciemment prouver à ma mère que moi, je ne me laissais pas faire contrairement à elle, que moi aussi, je peux aussi battre un homme. Je me suis également rappelée que mes parents se complaisaient dans la violence physique puisque lorsque je n'étais pas sage, les coups fusaient. La violence engendre la violence. J'ai encore un peu honte de parler de cette période de ma vie. Je suis toulours avec mon ami et notre relation s'est beaucoup améliorée dans le sens où cette violence physique a disparu, même si on a encore nos disputes de tout couple. J'ai quand même cette violence verbale que j'ai encore du mal à maîtriser, lorsque je suis en colère.
En un mot, soyez ACTEUR DE VOTRE VIE ! Je cherche ma voix, ma lumière, mon bonheur.
Etat d'âme du 27 octobre 2007
Article ajouté le 2007-11-26 , consulté 95 foisCommentaires
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