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  • Mis à jour le 13-06-2008
  • Créé le 21-11-2007


Confrontation avec mes parents

Depuis que j'ai lu "parents toxiques", je me suis préparée psychologiquement à me confronter à mes parents, mais seulement par e-mail pour l'instant. Je ne suis pas prête à les affronter physiquement. Cela fait 7 ans que je ne les côtoie plus... On dit bien, "loin des yeux, loin du coeur".

A mon retour de vacances, je leur ai donc envoyé le lien internet du site AIVI sur lequel j'avais publié mon témoignage au mois de janvier 2007.

J'ai reçu une réponse le lendemain même, le 21 août 2007.

En voici les termes :

"ma chérie

Papa et moi avons très bien compris ton message de détresse ainsi que la  souffrance qui ne t'a jamais quittée.

Nous avons tous été très choqués et nous n'avons,certes, pas dû avoir fait tout ce qu'il fallait pour t'en libérer. Ma puce, en aucune façon  tu dois te sentir coupable et encore moins responsable de la mort de MAMY. Nous ne l'avons jamais pensé ! peut-être avons nous été très maladroits dans cette circonstance.

Nous sommes là pour t'aider, nous n'avons jamais cessé de t'aimer, nous respections simplement tes silences, ce choix de ne plus nous revoir.

Tu refusais de nous parler au téléphone et tu ne répondais pas à nos lettres. Nous avions toujours l'espoir de te revoir.

E., ma chérie nous sommes prêts à t'aider, nous avons hate de te revoir. nous avons un petit havre de paix en Bretagne au bord de la mer, nous

allons partir pour trois semaines. Nous te donnons le n° du portable appelle-nous au...

A bientôt M. chérie nous t'embrassons trè fort

PAPA et MAMAN qui t'aime".

Ma réaction à chaud est que je ne sais pas quoi en penser !!! Je me demande si ce n'est pas trop tard pour renouer !!!
Est-ce que ces mots sont sincères ? Ma soeur pense comme moi !!

Vous constaterez que c'est ma mère qui écrit, c'est d'ailleurs elle qui toujours tout fait, mon père étant un homme lâche et inexistant.
A aucun moment, elle ne parle de l'inceste et du bourreau, le grand-père, ni du fait que je ne sois ni coupable, ni responsable ce qu'il m'est arrivé.

Je suis la meilleure juge pour la sincérité et ne les trouve pas sincères. Mes parents sont dans le déni. Pourquoi ne parlent-ils pas un seul instant de l'inceste ?

J'ai montré la réponse des parents à ma psy. Elle a dit texto qu'ils étaient retors. Ils parlent de mamy mais pas de l'inceste. Ma psy pense qu'ils se mettent en porte-à-faux et qu'ils ne doivent pas avoir bonne conscience par rapport à cette histoire, car ils ne sont ni francs, ni directs. Ils contournent le problème... Elle me suggère de leur répondre de façon directe et précise dans le style... "vous étiez au courant et n'avez rien fait à l'époque...j'exige que vous me présentiez des excuses..."

Sans répondre directement à leur mail, je pense leur envoyer un autre témoignage que j'ai fait publier et qui est le résumé de mes reproches. J'y parle également de mon frère et de ma soeur... Je mettrais dans l'objet de l'email "je ne parviens à pas à vous pardonner...."

Ils vont être verts de voir que je publie des témoignages !!!!

Ci-joint l'e-mail que j'ai envoyé à mes parents le 2 septembre 2007 :

"Maman et papa,

Merci pour votre réponse rapide.

Pourquoi ne parlez-vous pas de l'inceste que j'ai subi de la part du grand-père pendant 3 ans et seulement du décès de mamy ?

Pourquoi n'avez-vous rien fait à l'époque pour m'aider psychologiquement ? Vous avez préféré étouffer l'affaire et me sacrifier au nom de la famille ou plutôt au nom des chèques que vous receviez tous les mois ?

Je sais, grâce aux bienfaits de la thérapie, que tu m'as crue, maman. Mais tu ne m'as jamais posé de questions pour connaître les détails de l'inceste. Je pense au contraire que mes silences arrangeaient trop bien toute la famille. Vous aviez peur du "quand dira-t-on" ? D'autres mères ont porté plainte et se sont dévouées corps et âme pour sauver leur enfant des griffes d'un pervers sexuel, et toi, tu n'as rien fait. Tu m'as immédiatement accusée....au lieu de tenter de comprendre. Je voudrais bien connaître ta profonde pensée sur ton père !!!!

Que comptez-vous faire aujourd'hui concrètement pour m'aider ?

Je ne trouve pas votre réponse sincère. Vous savez trop bien contourner les problèmes.

Je joins à la présente un autre témoignage que j'ai fait publier sur le site de V...
Vous comprendrez encore mieux les raisons de mon éloignement.

D'autres souvenirs me sont revenus grâce à la thérapie. J'ai dû consulter deux psychomotriciennes pour savoir si j'étais droitière ou gauchère.
Les tests ont révélé que j'étais une gauchère contrariée. C'est toi maman qui m'a contrariée. Lorsque je suis arrivée en France, je savais aussi bien écrire de la main gauche que de la main droite. L'école et toi m'avaient obligées à n'écrire que de la main droite, ce qui explique certainement mon blocage en CP qui n'était autre qu'une simple dislexie qu'ont la plupart des gauchers et à utiliser ma main droite pour tout le reste, mais je n'y suis jamais parvenue. J'utilise ma main gauche à 95 % sauf pour écrire et pour utiliser la souris de l'ordinateur. Tu m'obligeais à m'entraîner de la main droite, mais pour les ciseaux par exemple, je n'ai jamais réussi. Comme j'ai été contrariée dans ma latéralité, j'utilisais les deux mains pour certaines choses et ai donc bien entendu développé une ambidextrie qui est une vraie richesse. A l'adolescence, je confondais la gauche et la droite d'où mes problèmes au permis de conduire. Je me suis sentie toujours anormale à cause de l'inceste et de cette contrariété. J'ai cru jusqu'à mes 31 ans que j'étais une droitière contrariée. Or, les droitiers contrariés sont très rares et écrivent de la main gauche. Toi, tu m'as contrariée dans l'autre sens. Les conséquences auraient pu être plus graves, comme par exemple le bégaiement ou l'énurésie. Il fallait simplement m'envoyer chez un orthophoniste ou une psychomotricienne.

J'étais simplement différente de mon frère et de ma soeur et tu ne l'as jamais accepté. Je constate à mon grand malheur que tu as eu tout faux avec moi.

J'exige que vous me présentiez des excuses pour tous les traumatismes que vous m'avez fait subir.

Je souhaiterais récupérer mes effets personnels (livres ou correspondances de mon enfance....) et surtout que vous me rendiez mon dossier d'adoption. Vous pourriez me les envoyer par la Poste. Tout enfant adopté a droit à son dossier et des parents adoptifs normaux doivent remettre le dossier à la majorité de l'enfant. Je fais en effet des recherches biologiques pour tenter de faire le deuil de ma vraie mère.

Mes mots vont certainement vous paraître durs, mais j'ai trop de rancoeur et ne parviens pas pour l'instant à vous pardonner.

A bientôt"

Avec du recul, je me demande si je n'ai pas été trop dure. Ce qui est fait est fait. J'attends la réponse...
Sont-ils dans le déni ?

Pour la première fois de ma vie, je m'autorise à exprimer mes souffrances et à crier haut et fort ce que je pense de mes parents.

Ce mail m'a mis mal dans ma peau, et depuis vos réponses, je me sens soulagée que des personnes anonymes comme moi m'encouragent dans mes démarches. Je ne suis pas si fière, car j'aurais pu les affronter physiquement, mais je ne suis pas prête mentalement. J'ai peur que trop de venin sorte de ma bouche et du ton trop agressif que je pourrais employer.

Voici la réponse du 14 septembre 2007 que j'ai reçue de ma mère :

"Ma chérie nous sommes rentrés de Bretagne.
Nous sommes conscients que tu as besoin que l'on t'aide. Dis nous ce que l'on peut réellement faire aujourd'hui pour que tu ailles mieux.
La maison ne t'est pas fermée, tu peux venir nous voir quant tu le souhaitras.
Nous t'embrassons bien affectueusement.
Papa et Maman"


Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Ma réaction à chaud serait qu'ils sont toujours à côté de la plaque. Ils ne répondent à aucune de mes questions, même si la réponse semble affectueuse. Je vais encore être de mauvaise foi, mais j'ai l'impression qu'ils veulent encore une fois me manipuler. J'aurais souhaité qu'ils répondent point par point à mes questions. Ils sont à la retraite et ne prennent pas le temps de répondre à leur fille.... Désolée, je suis en colère par des propos aussi évasifs.

Pour l'heure, je n'ai donné aucune suite à cet e-mail. Est-ce que cette confrontation est-elle finalement nécessaire ?

A ma grande surprise, alors que je commençais à m'en détacher, j'ai reçu un e-mail de mes parents le 21 décembre 2007 :

"Objet : Joyeux Noël

E., nous n'avons plus de nouvelle de toi ! nous espérons que tu vas bien et que tu prépares les fêtes de fin d'année.

Un an ça passe vite mais quel plaisir de se retrouver près de tous ceux que l'on aime, ne serait-ce que quelques instants !

E., nous pensons beaucoup à toi, à El., aux enfants vous nous manquez, cette séparation est trop cruelle, trop injuste.
 
La vie n'est qu'un combat de chaque instant, le bonheur, c'est nous qui le fabriquons ! Ne crois-tu pas que pour être bien dans sa tête, il faille, tout simplement, faire plus la paix que la guerre ?

Nous pensons avoir été toujours là, non seulement,  pour vous aimer mais, également, pour vous aider, pourquoi seul J. l'aurait compris ?
 
E., nous restons à S. pour les fêtes, J. va venir nous rejoindre, pourquoi ne pas venir nous faire un petit coucou à Noël ?

Dans cet espoir, nous t'embrassons très fort.  Allez M. chérie à très bientôt !

..... que S. ne nous fasse pas la tête nous ne l'oublions pas, il a toute notre affection, mais nous nous faisons beacoup de souci pour toi.

Papa et Maman"

Pour l'heure, je n'ai pas jugé utile de répondre. Ils sont toujours dans le déni et surtout hors sujet. Ils espèrent me revoir en me faisant culpabiliser encore une fois et en sous-entendant le discours de la fille ingrate. Leur changement de comportement est à mon sens irréversible. Leur cas me semble irrécupérable.

 


Article ajouté le 2007-11-26 , consulté 100 fois

Commentaires


ludovine24 site : ludovine24@skyrock.com | le 04/03/2008 à 12:51:49
Moi c'est une chose que je pardonneraie jamais a mon pére celle de m'avoir violée pendans trois énnées,ma mére je pense qu'elle le savais mes qu'elle ne voulai rien y voir,allors là je ne sais pas trop koi faire si elle revennai car malheureusement pour moi des fois j'espere quelle me crois et revienne vers moi ,mes cela et impossible ,ma soeur et mon frére ne me crois pas non plus ,mon pére c 'est escuser par sms mes je ne lui pardonneraie jamais de ce qu'il ma fait subir.
maintenant j'ai un vie plus heureuse avec l'homme que j'ai rencontrée en 2006 mes dans mes relations avec lui j'ai beaucoup de soucis ,tu sais je ne voulai retrouver aucune relation amoureuse pendant longtemps mes je crois que j'ai croissée un ange ,mon concubin et un étre merveilleux qui m'aide beaucoup, et qui es avec moi ,et sa famille aussi j'ai retrouvée ma tata que j'avais perdu depuis longtemps et elle est avec moi elle sera avec moi au procés (car j'ai portée plainte contre mon pere pour viol le 26 decembre 2007) et je me sens un peut mieux .voila je t'embrasse fort. ludovine24
Meelou le 18/12/2007 à 23:47:06
Merci pour tes mots réconfortants Nébuleuse.
Nébuleuse site : http://droplet-of-blood.blog4ever.com/ | le 13/12/2007 à 18:36:41
Bonjour.Je viens de parcourir ton blog et c'est vraiment poignant.J'ai vécu quelques trucs dans ma vie et je suis adopté aussi. Je pense que même si je ne suis pas à ta place j'ai réussi à comprendre ce que tu ressens en partie. Bon courage.

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